Violence éducative ordinaire & maltraitance émotionnelle

Banalisée, à tort, et transmise de génération en génération, elle s'imprime en nous


De quoi parlons-nous lorsque nous utilisons le terme de "violence éducative ordinaire"?

 

Serions-nous violents sans même nous en rendre compte? Sans savoir? Nous aussi? Vraiment? 

 

La violence éducative ordinaire s'intègre jusque dans notre façon de parler, d'être en relation, d'agir et d'être déconnecté de nos émotions, de nos besoins, de notre capacité d'empathie. Elle est "acceptée" dans la société. Elle est tellement ancienne et ancrée dans nos modes de vie et de relation à l'enfant, à l'humain, à la vie que la remettre en question peut paraître "déplacé".  Elle est là, lorsqu'elle passe par les mots ses effets ne se voit pas à l'oeil non averti, elle ne se nomme pas.

 

Elle laisse pourtant des traces dans le développement du cerveau des enfants-adultes en devenir et donc dans nos comportements d'adultes.

 

Quelles sont les traces laissées par la maltraitance émotionnelle? 

 

La maltraitance émotionnelle, (sous la forme d'humiliations  verbales, de déni des émotions) fait l'objet d'études publiées par les chercheurs. Leurs résultats montrent aujourd'hui qu'elle impacte le cortex cérébral et les réseaux neuronaux. Les hormones de stress diffusées de façon répétée dans l'organisme fragilisent l'hippocampe (zone de mémoire et d'apprentissage). Le développement du cerveau de l'enfant encore immature et malléable est impacté dans son développement. L'adullte en porte les traces. Elle se manifeste dans son rapport aux autres, dans l'expression de sa personnalité. 


"L'enfant à qui on apprend la soumission à la violence apprend aussi à se soumettre à la volonté des adultes au lieu de développer sa propre personnalité. Il risque de perdre son originalité, son esprit d'entreprise et d'initiative." O. MAUREL

Les récentes découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous permettent de comprendre l'enjeu auquel nous avons tous à faire face. 

 Les générations précédentes ne savaient pas, celles d'aujourd'hui ont l'information

"Nous ne savions pas", disent les générations précédentes qui entendent et mesurent les informations que nous possédons désormais. "Je n'en suis pas mort", disent d'autres qui, pour le moment, préfèrent passer leur chemin, tant cela vient ébranler leur construction.
Il y a un double défi, réel à relever. Le 1er est de reconnaître que oui, nous aussi faisons partie des 90% des adultes ayant subi la VEO (sources O. MAUREL) . Le 2ème est de repérer que nous-même nous utilisons des modes relationnels emprunts de jugements, de prise de pouvoir sur les autres, d'étiquettes, de déni des ressentis, autrement dit de la maltraitance émotionnelle à l'égard de nous-même et/ou des autres. 
La bienveillance, l'affection, l'empathie sont le socle pour que l'enfant devienne humain au sens noble du terme : un humain sociable, coopérant, aimant, libre, sachant faire des choix et ayant un sens moral". C. GUEGUEN 

Contribuer et transmettre auprès des adultes


Informer, reconnaître, contribuer & en sortir

Depuis 2014, j'offre un atelier à l'occasion de la journée de la non violence éducative ordinaire. Ouvert à tous les adultes, parents ou non, sensibles au lien entre leur capacité à réguler leurs propres émotions avec leurs compétences relationnelles

Les impacts des mots ne se voient pas à l'extérieur, ils s'impriment à l'intérieur

Conte illustré de Fanny VELLA - Extraits avec son accord
Conte illustré de Fanny VELLA - Extraits avec son accord
Conte illustré de Fanny VELLA - Extraits avec son accord
Conte illustré de Fanny VELLA - Extraits avec son accord


Estime de soi, confiance en soi, relations aux autres

"Une éducation qui consiste à humilier l'enfant, à l'insulter et à le frapper a, parmi ses effets les plus fréquents celui de faire perdre à l'enfant sa propre estime, de l'amener à se considérer intimement comme méprisable et donc à perdre le plaisir le plus élémentaire : le simple plaisir et bonheur d'exister qui consiste à profiter de toute les sensations liées à notre corps, à notre environnement naturel et aux relations avec les autres. 

Tant qu’on éprouve ce bonheur, on se contente du nécessaire et on n’éprouve pas le désir de dominer les autres, de posséder des quantités de biens ni de paraître supérieur aux autres. Mais lorsqu’on a perdu ce bonheur d’être, alors on se rabat sur des substituts : l’avoir, le pouvoir et le paraître, dont la recherche acharnée détruit les liens sociaux, multiplie les causes de conflits et met en péril, par le pillage des ressources qu’elle entraîne, l’équilibre écologique de la planète."

 

Oui la nature humaine est bonne, Olivier MAUREL - Extraits choisis

Pour une société dans laquelle les Personnes, le Vivant, la Planète sur laquelle nous vivons soient au centre de nos actes, tant dans notre vie privée que professionnelle, je contribue à la non violence éducative.

Elle nous concerne tous. Elle repose de mon point de vue en priorité sur les adultes dont le comportement est modélisé par le cerveau des enfants. 

Être et transmettre ce que j'ai appris et intégré à ma façon de vivre et de travailler, est pour moi source d'une existence pleine de sens et de valeur. Nadine MASSON-SIMON



Merci à Fanny VELLA, illustratrice, pour l'autorisation de mise en ligne du conte illustré sur mon site.

"Comment une petite fille joyeuse et pleine de vie peut-elle devenir une adulte craintive et asociale? Les violences ordinaires sont passées par là." Article publié sur POSTIVR par Alex Leclercq